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Etyen Mahçupyan « Les avantages du flou artistique »

12 Sep

La Turquie traverse à nouveau une période d’effervescence. Toute une série d’indicateurs politiques, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur sont en train de passer à l’orange, si bien que l’année qui vient s’annonce chaude. Les alévis sont de plus en plus braqués contre le gouvernement, le mouvement Gezi qui a continué à bas bruit pendant l’été est en train de repartir suite notamment à la mort d’un jeune manifestant, Ahmet Atakan, à Antakya il y a quelques jours, le procès sur l’assassinat éventuel par empoisonnement de l’ancien premier-ministre et président Turgut Özal est sur le point de débuter, la diplomatie turque est à la peine aussi bien sur le dossier égyptien que syrien, les risques de représailles et de tentatives de déstabilisation de la part de l’axe irano-syrien sont réels, les travaux et tractations autour du projet de nouvelle constitution et de changement de régime politique se poursuivent sans qu’aucun consensus ne soit dégagé, la livre se déprécie et la croissance économique se ralentit, la perspective des élections locales (mars 2014) se rapproche et enfin, voire surtout le processus de résolution de la question kurde commence sérieusement à patiner. C’est un cocktail qui pourrait se révéler explosif pour le pouvoir AKP, qui continue pourtant de dominer outrageusement la scène politique turque.

Je vous propose aujourd’hui une analyse politique d’Etyen Mahçupyan, intellectuel arménien qui a chroniqué dans Radikal, participé à Yeni Binyıl (Nouveau Millénaire), dirigé un temps la revue Agos et chronique désormais à plein temps dans Zaman, détenu par la confrérie Gülen, journal de tendance conservatrice mais qui ouvre régulièrement ses colonnes à des analystes plus libéraux politiquement, comme c’est le cas de Mahçupyan.

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Neşe Düzel, Entretien avec Selahattin Demirtaş (BDP)

14 Juil

Je vous propose la traduction de la seconde partie d’un entretien (la première partie suivra bientôt inshallah…) menée par Neşe Düzel, journaliste spécialisée sur la question kurde au journal de centre-gauche Taraf, avec le secrétaire général adjoint du BDP, Selahattin Demirtaş. On y fait le point sur les négociations en cours. Après des années pour le moins difficiles qui ont vu une bonne partie de son personnel politique jeté en prison (une partie s’y trouve encore) et soumis à diverses répressions, le BDP se retrouve grâce à l’ouverture des négociations en position de jouer pour la première fois de son histoire un rôle clé et officiel dans le champ politique turc, aumoment même où le CHP s’enferre dans des luttes stériles et échoue à incarner une opposition dont le mouvement Occupy Gezi nous montre qu’elle tend désormais à passer par d’autres formes de mobilisations. Il faut analyser les déclarations des responsables duBDP en gardant en tête que celui-ci fait l’objet de critiques tant en « interne » (disons au sein des mouvements de sensibilité pro-kurde) qu’en « externe ». De nombreuses personnes, à commencer par les Alévis s’inquiètent en effet de ce que le parti kurde puisse vouloir s’arranger avec un AKP toujours plus hégémonique sur le dos de la démocratie turque et des composantes laïques de la population. Les personnes familières du paysage audiovisuel turc ne manqueront pas de remarquer avec quelle facilité l’on recourt désormais à des termes qui figuraient jusqu’à peu à l’index pourl’ensemble des grands médias, tels que « Kurdistan » (aulieu de « Sud-Est ») ou Newroz (au lieu de Nevroz, savariante turque – rappelons que le « w » n’existe théoriquement pas en turc -).

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