Tag Archives: processus de paix

Entretien entre le leader du PKK et Ruşen Çakır

24 Août

Ruşen Çakır est un journaliste turc spécialisé notamment sur la question kurde, qui a travaillé pour CNN Türk, Cumhurriyet, Milliyet, et désormais pour Vatan. Francophone et diplômé de Galatasaray, il signe régulièrement des tribunes et analyses en anglais et en français que je conseille chaudement à ceux que cette question intéressent, car elles sont souvent très pertinentes. Vous pourrez en trouver un échantillon sur son site.

kandil-den-her-zaman-kapimiz-acik-mesaji-1014402

Le texte qui suit est la traduction intégrale d’un entretien paru dans Vatan et réalisé avec Cemil Bayık président-adjoint du conseil exécutif du KCK, en compagnie du reporter photographe İlker Akgüngör (les photos sont signées de lui). Cemil Bayık est l’un des fondateurs du PKK et son actuel numéro 1 après Öcalan. Il s’exprime ici sur la poursuite des négociations, ses relations avec Öcalan, la guerre civile syrienne et irakienne et les derniers événements à Lice, où une statue d’un martyr du PKK construite quelques mois plus tôt a été détruite par les forces de l’ordre, entraînant plusieurs échauffourées qui ont entraîné deux morts (un manifestant et un soldat) et plusieurs blessés par balle.

Le texte original de l’entretien est accessible en deux parties ici et Lire la suite

Publicités

Hikmet Çetinkaya : « La guerre AKP-Fethullah Gülen »

23 Nov

Un article qui dévoile quelque peu les coulisses des luttes féroces  sommet du pouvoir entre le gouvernement et la confrérie de Fethullah Gülen… En arrière-plan, la question de la fermeture des dershane, ou « cours du soir » qui sont devenus une véritable institution parallèle en Turquie, alignant 4000 écoles, 50000 enseignants et 20000 autres employés.  Le secteur concernerait environ 1 million deux cent mille écoliers par an, et vient suppléer aux manques d’un système éducatif parfois défaillant et à tout le moins très inégalitaire. Une bonne partie (probablement plus de la moitié) des écoliers turcs passent en effet directement de l’école aux cours du soir, qui se tiennent d’ailleurs aussi bien en journée pendant les week-end et les jours fériés, dans l’espoir de parvenir à décrocher une bonne place lors du concours d’entrée (YGS) à l’enseignement supérieur. Ce concours annuel sanctionne la fin de la scolarité secondaire et permet aux meilleurs d’accéder aux universités de leur choix. Ainsi qu’aux moins bons d’abandonner tout espoir de poursuivre leurs études… La pression est dès lors énorme, et il n’est pas rare que les écoliers redoublent plusieurs fois aux seules fins d’obtenir la ville et l’école de leur choix. Ils passeront dès lors un an, deux ans voire plus à étudier dans une dershane et à se préparer aux QCM du concours d’entrée.  Or une bonne part de ces centres de cours privés sont détenus par des membres de la confrérie Gülen, si bien que l’annonce des mesures à venir a été immédiatement perçue comme une attaque en règle contre la confrérie.  S’en est suivie une véritable campagne de presse menée par les médias proches des gülenistes, avec le grand quotidien Zaman en première ligne. Bref, le torchon brûle…

Hikmet CETINKAYA pour CUMHURRIYET
17/11/2013
Article original

hikmet çetinkaya

Lire la suite

Mehmet Baransu : « Erdogan et le PKK seront les seuls à blâmer »

17 Sep

Un article en forme d’interpellation d’un journaliste de Taraf (centre-gauche) sur le processus de paix, qui est en train de s’enferrer, doucement mais sûrement.  Etyen Mahçupyan écrivait il y a quelques jours (voir ici) dans Zaman que le flou qui régnait sur les négociations constituait un avantage permettant à l’AKP et au PKK de poursuivre pragmatiquement leurs agendas respectifs sans enterrer pour autant la perspective de résolution. Mehmet Baransu semble penser l’inverse et considérer que l’amateurisme dont on a fait preuve menace gravement les pourparlers.

Mehmet BARANSU pour TARAF
16/09/2013
Article original

mehmet baransu

Lire la suite

Etyen Mahçupyan « Les avantages du flou artistique »

12 Sep

La Turquie traverse à nouveau une période d’effervescence. Toute une série d’indicateurs politiques, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur sont en train de passer à l’orange, si bien que l’année qui vient s’annonce chaude. Les alévis sont de plus en plus braqués contre le gouvernement, le mouvement Gezi qui a continué à bas bruit pendant l’été est en train de repartir suite notamment à la mort d’un jeune manifestant, Ahmet Atakan, à Antakya il y a quelques jours, le procès sur l’assassinat éventuel par empoisonnement de l’ancien premier-ministre et président Turgut Özal est sur le point de débuter, la diplomatie turque est à la peine aussi bien sur le dossier égyptien que syrien, les risques de représailles et de tentatives de déstabilisation de la part de l’axe irano-syrien sont réels, les travaux et tractations autour du projet de nouvelle constitution et de changement de régime politique se poursuivent sans qu’aucun consensus ne soit dégagé, la livre se déprécie et la croissance économique se ralentit, la perspective des élections locales (mars 2014) se rapproche et enfin, voire surtout le processus de résolution de la question kurde commence sérieusement à patiner. C’est un cocktail qui pourrait se révéler explosif pour le pouvoir AKP, qui continue pourtant de dominer outrageusement la scène politique turque.

Je vous propose aujourd’hui une analyse politique d’Etyen Mahçupyan, intellectuel arménien qui a chroniqué dans Radikal, participé à Yeni Binyıl (Nouveau Millénaire), dirigé un temps la revue Agos et chronique désormais à plein temps dans Zaman, détenu par la confrérie Gülen, journal de tendance conservatrice mais qui ouvre régulièrement ses colonnes à des analystes plus libéraux politiquement, comme c’est le cas de Mahçupyan.

Lire la suite