Tag Archives: Öcalan

Hikmet Çetinkaya : « La guerre AKP-Fethullah Gülen »

23 Nov

Un article qui dévoile quelque peu les coulisses des luttes féroces  sommet du pouvoir entre le gouvernement et la confrérie de Fethullah Gülen… En arrière-plan, la question de la fermeture des dershane, ou « cours du soir » qui sont devenus une véritable institution parallèle en Turquie, alignant 4000 écoles, 50000 enseignants et 20000 autres employés.  Le secteur concernerait environ 1 million deux cent mille écoliers par an, et vient suppléer aux manques d’un système éducatif parfois défaillant et à tout le moins très inégalitaire. Une bonne partie (probablement plus de la moitié) des écoliers turcs passent en effet directement de l’école aux cours du soir, qui se tiennent d’ailleurs aussi bien en journée pendant les week-end et les jours fériés, dans l’espoir de parvenir à décrocher une bonne place lors du concours d’entrée (YGS) à l’enseignement supérieur. Ce concours annuel sanctionne la fin de la scolarité secondaire et permet aux meilleurs d’accéder aux universités de leur choix. Ainsi qu’aux moins bons d’abandonner tout espoir de poursuivre leurs études… La pression est dès lors énorme, et il n’est pas rare que les écoliers redoublent plusieurs fois aux seules fins d’obtenir la ville et l’école de leur choix. Ils passeront dès lors un an, deux ans voire plus à étudier dans une dershane et à se préparer aux QCM du concours d’entrée.  Or une bonne part de ces centres de cours privés sont détenus par des membres de la confrérie Gülen, si bien que l’annonce des mesures à venir a été immédiatement perçue comme une attaque en règle contre la confrérie.  S’en est suivie une véritable campagne de presse menée par les médias proches des gülenistes, avec le grand quotidien Zaman en première ligne. Bref, le torchon brûle…

Hikmet CETINKAYA pour CUMHURRIYET
17/11/2013
Article original

hikmet çetinkaya

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Mehmet Baransu : « Erdogan et le PKK seront les seuls à blâmer »

17 Sep

Un article en forme d’interpellation d’un journaliste de Taraf (centre-gauche) sur le processus de paix, qui est en train de s’enferrer, doucement mais sûrement.  Etyen Mahçupyan écrivait il y a quelques jours (voir ici) dans Zaman que le flou qui régnait sur les négociations constituait un avantage permettant à l’AKP et au PKK de poursuivre pragmatiquement leurs agendas respectifs sans enterrer pour autant la perspective de résolution. Mehmet Baransu semble penser l’inverse et considérer que l’amateurisme dont on a fait preuve menace gravement les pourparlers.

Mehmet BARANSU pour TARAF
16/09/2013
Article original

mehmet baransu

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Neşe Düzel, Entretien avec Selahattin Demirtaş (BDP)

14 Juil

Je vous propose la traduction de la seconde partie d’un entretien (la première partie suivra bientôt inshallah…) menée par Neşe Düzel, journaliste spécialisée sur la question kurde au journal de centre-gauche Taraf, avec le secrétaire général adjoint du BDP, Selahattin Demirtaş. On y fait le point sur les négociations en cours. Après des années pour le moins difficiles qui ont vu une bonne partie de son personnel politique jeté en prison (une partie s’y trouve encore) et soumis à diverses répressions, le BDP se retrouve grâce à l’ouverture des négociations en position de jouer pour la première fois de son histoire un rôle clé et officiel dans le champ politique turc, aumoment même où le CHP s’enferre dans des luttes stériles et échoue à incarner une opposition dont le mouvement Occupy Gezi nous montre qu’elle tend désormais à passer par d’autres formes de mobilisations. Il faut analyser les déclarations des responsables duBDP en gardant en tête que celui-ci fait l’objet de critiques tant en « interne » (disons au sein des mouvements de sensibilité pro-kurde) qu’en « externe ». De nombreuses personnes, à commencer par les Alévis s’inquiètent en effet de ce que le parti kurde puisse vouloir s’arranger avec un AKP toujours plus hégémonique sur le dos de la démocratie turque et des composantes laïques de la population. Les personnes familières du paysage audiovisuel turc ne manqueront pas de remarquer avec quelle facilité l’on recourt désormais à des termes qui figuraient jusqu’à peu à l’index pourl’ensemble des grands médias, tels que « Kurdistan » (aulieu de « Sud-Est ») ou Newroz (au lieu de Nevroz, savariante turque – rappelons que le « w » n’existe théoriquement pas en turc -).

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