Vérité à Ankara, erreur au delà… (1) Comment Chomsky est devenu un admirateur patenté d’Erdogan.

31 Août

 

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Un peu de détente dans une actualité moyen-orientale particulièrement chargée et peu propice au rire…

Il y a quatre jours de cela est paru dans le journal pro-AKP Yeni Şafak un entretien avec Noam Chomsky pour le moins… surprenant.  Celui-ci adressait en effet un dithyrambe enthousiaste au gouvernement turc, qualifiait son Premier-ministre de charismatique et vilipendait les pays occidentaux, accusés, Israël en tête, d’être à l’origine du renversement de Morsi par l’armée égyptienne. On connait la langue acérée et les critiques parfois sévères de l’intellectuel engagé vis à vis de l’Occident, mais de là à tresser des couronnes à Erdogan et à reprendre fidèlement tous les éléments de langage de l’AKP, il y avait quand même un gouffre… D’où la réaction de bon-sens d’un internaute turc qui envoie derechef un mail à l’intellectuel pour le prévenir de ce que ces propos avaient sans doute été modifiés. La réponse vient quelque jours plus tard sur la page Facebook du sus-nommé :

« Chomsky.info voudrait informer les lecteurs que l’entretien avec le professeur Chomsky publié par le journal turc Yeni Safak le 26 août a été falsifié et ne constitue pas la traduction honnête et authentique des réponses écrites du Professeur Chomsky aux questions qui lui ont été envoyées par courriel dans le cadre de l’entretien ».

Agitation dans le landerneau médiatique turc, les médias de gauche se mettent à publier des articles sur le prétendu entretien de Chomsky et a poser quelques questions sur l’honneteté de la journaliste de Yeni Safak, Burcu Bulut (ex-femme de Yigit Bulut, premier conseiller du Premier-ministre turc).


Interrogée par ses collègues du site d’informations en ligne T24, elle s’en explique de la façon suivante :

« J’ai réalisé cet entretien avec le grand intellectuel Noam Chomsky par mail. J’étais très heureuse qu’il ait accepté. J’ai commencé par lui adresser 23 ou 24 questions. Seulement Chomsky a déclaré qu’on lui avait fait parvenir des questions similaires, qu’il ne pourrait pas répondre à toutes et m’a demandé de sélectionner les questions que je considérais importantes et de les lui envoyer de nouveau. J’ai passé les questions au crible et lui ai renvoyé un mail. Chomsky a répondu de manière assez peu détaillée à ces questions. Pensant que ce serait impubliable en l’état, j’ai voulu compléter [mot à mot : élargir] le reportage avec les questions supplémentaires. Ce qu’il a partagé sur son adresse Facebook correspond à l’entretien dans son état brut avant que je ne lui adresse les questions supplémentaires.
En outre ceux qui réalisent des entretiens savent pertinemment que les entretiens réalisés en anglais peuvent être complétés [mot à mot : élargis] en restant fidèle au sens original. On ne laisse pas en l’état de traduction simultanée. Si tel était le cas cela signifierait que tous ceux qui réalisent des traductions simultanées sont en train de faire des entretiens [comprendre : de faire un travail de journaliste].
J’ai actualisé ses propos en ajoutant à ses premières réponses les réponses qu’il avait faites aux questions supplémentaires. Malheureusement à compter du jour où cet entretien a été publié sur Yeni Safak, je fais l’objet d’une sorte de campagne de dénigrement.
J’ai réalisé jusqu’à aujourd’hui un nombre incalculable de reportages aussi bien en Turquie qu’à l’étranger. Toutes les personnes avec lesquelles je me suis entretenue sont devenues des amis et m’ont félicité pour le résultat final. Je n’ai jamais trempé dans ce genre de tripatouillages. Mais c’est la première fois que je me fais face à une telle situation. J’aurais préféré ne jamais me retrouver obligée de prouver quoi que ce soit. A vrai dire je n’ai aucune expérience sur la manière de réagir dans des situations de ce type. Je souhaite seulement que cet incident pénible prenne fin le plus tôt possible.« 

Je vous propose donc une traduction du texte « original » en turc, mis en parallèle avec la version anglaise, d’ailleurs extrêmement lapidaire, en vous laissant juge de la différence et de l’état de « complétion » du texte traduit…

A défaut de connaître les réflexions de Chomsky sur la situation égyptienne, vous trouverez là un résumé parfaitement fidèle de la position publique de l’AKP, et peut-être matière à réflexion sur les relations entre journalisme et pouvoir au pays du loukoum…

TEXTE ORIGINAL EN ANGLAIS

(consultable ici)

How do you describe of Egypt’s climate right now? What do you see in the coming days?
Would you say that recent events in Egypt were suprising to you?
Did you expect to be a military coup?

CHOMSKY: Yes, surprising. I was aware that the military was in the background, jealous of its privileges, intent on maintaining its economic empire and its traditional political control. But was surprised at their willingness and ability to move so forcefully and with such brutality to install a harsh military regime, and particularly surprised at the range of popular support for these actions – for which, I suspect, supporters will pay dearly in the days to come.

Did you predict that would be a blow to the Egypt by the forces of Abdel Fatah Al-Sisi?
What do you say to the United States to support of Sisi? Or why do you think the western support of Sisi?

CHOMSKY: The support seems to me quite limited. The US and its western allies have not acted significantly to oppose the military coup, but contrary to rumors that are rampant in the region, there is little evidence of firm support – unlike Saudi Arabia, particularly.

USA say that Sisi will bring the democracy to Egypt. What is the democracy for the United States?
After the coup, Catherine Ashton met with Mursi for the first time. Why do you think? What was the real purpose of this visit for EU?

CHOMSKY: It was a small gesture of opposition to the military coup and to Morsi’s detention by the ruling military regime.
Who do you think responsible for the coup in Egypt?

Some analysts said that prevented a military coup by Mursi. Mursi late for that. What do you say about that? Why they think that way?
Some experts says that El Sisi’s cooperation with the Mossad for the military coup in Egypt. Do you agree?

CHOMSKY: Israel did not hide its sympathy for the military coup, but I know of no evidence of significant cooperation.

What do you say about Turkey? Do you believe that Turkey’s role model for the Middle East?
Turkey did not stay silent In Egypt and Syria. Do you agree with this response?

CHOMSKY: Erdogan harshly condemned the coup and voiced strong support for the Muslim Brotherhood. And in Syria has been supporting the highly fragmented and complex rebel opposition. In both cases I think more nuanced approaches are appropriate.

In your opinion; who is the greatest supporter for Mursi nowadays? And why?
People are afraid of the advent of the civil war in Egypt.Do you think something like this it would be? If your answer is “yes” why?
If the situation does not improve in Egypt, how will it affect the Middle East?

CHOMSKY: I am afraid that Egypt is heading to a dark period of counter-revolution. However, important popular forces have been unleashed by the inspiring uprisings of the past several years, and I do not think they will be easily subdued. There may be many more surprises ahead. Undoubtedly what happens in Egypt will have a major impact in the region.

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L’ARTICLE PARU DANS YENI ŞAFAK

(consultable ici)

Le printemps arabe a trouvé son symbole

D’après le grand intellectuel Noam Chomsky pour qui la résistance du peuple égyptien au coup d’Etat a étonné tout le monde : « Nous nous attendions à ce que le peuple se réfugie dans une bulle de silence à la suite du coup d’Etat ».

Chaque jour des centaines de personnes perdent la vie en Egypte. Ils sont massacrés par l’armée égyptienne pour avoir voulu résister au nom de la démocratie et de la liberté. Le plus désolant reste le silence de l’Occident qui [se proclame le défenseur de] la démocratie et des libertés. A aucun moment n’a mis le holà. Nous avons voulu comprendre les raisons de ce silence en compagnie du Professeur de linguistique au MIT Noam Chomsky. Voici les explications particulièrement frappantes que Chomsky a bien voulu donner à Yeni Şafak:

Le monde entier a les yeux braqués sur l’Egypte. Comment analysez vous les derniers évènements qui se sont produits là-bas ?

Il s’agit de bien comprendre les raisons profondes des événements qui ont eu lieu en Egypte. Pour l’armée égyptienne qui s’est rendue coupable d’attaques barbares, il s’agissait de ne pas perdre son empire traditionnel [mauvaise traduction de empire au sens d' »empire, emprise », mais qui n’a pas ce sens en turc] et de protéger ses privilèges et sa prospérité économique. Etait-elle seule ? Bien sûr que non. Il s’agissait d’une opération effectuée avec le soutien de certains états occidentaux et arabes – particulièrement Israël et l’Arabie Saoudite-. Ce qui m’a le plus surpris c’est que la majeure partie du peuple a désapprouvé cela. Car vous savez bien que les coups d’Etat entretiennent la peur auprès des gens si bien que ceux-ci, qu’ils y croient ou non, finissent par prendre parti en faveur le coup d’Etat. Or il n’y a pas trace de cela en Egypte. On a vu une résistance massive [populaire] de la part des partisans du président déchu, Mohammed Mursi, qui réclamaient la démocratie.

MEME LES ETATS OCCIDENTAUX ONT ETE SURPRIS PAR LA RESISTANCE AU COUP D’ETAT

D’après vous que nous enseigne cette résistance populaire ?

Les gens criaient dans les rues au nom d’une démocratie sans armes, sans guerre et sans coup d’Etat. Le peuple égyptien éreinté par près de 60 ans de coups d’Etat a crié son ras-le-bol. L’ampleur de cette résistance a surpris l’armée égyptienne et à plus forte raison les Etats occidentaux. Habitués que nous sommes à ce spectacle, nous nous attendions à voir le peuple se réfugier dans le silence et à remiser au placard son envie et son droit de vivre librement par peur des représailles [litt. « de la mort »]. Cette révolte nous montre que le Printemps Arabe a désormais son symbole. Malheureusement entre-temps des centaines de personnes ont trouvé la mort, c’est ce qui est le plus attristant.

LE PEUPLE EGYPTIEN LUTTERA JUSQU’AU BOUT CONTRE LA JUNTE

Que ressentez-vous en voyant des gens désarmés se faire massacrer de la sorte ?

Les responsables de ces massacres en paieront le prix fort. Cela s’est toujours mal terminé pour les auteurs de telles barbaries et ceux qui restent silencieux [devant elle]. Il y a de nombreux exemples de cela dans l’histoire. Ainsi le drame d’Esmaa, le fille du porte-parole des Frères [Musulmans] El Beltagy n’est pas du genre de ceux qu’on pourrait oublier.1 A mon avis le peuple égyptien a cessé de craindre les coups d’Etat, les militaires ou la mort.  Les tireurs embusqués de l’armée égyptienne ont abattu une toute jeune fille, pour faire passer le message selon lequel « si vous continuez la lutte vous connaîtrez le même sort ». [Mais] cet affreuse tragédie a eu pour effet d’attiser l’instinct de résistance. Le peuple égyptien luttera jusqu’au bout sans jamais reculer pour pouvoir vivre librement dans son pays.

C’EST CLAIREMENT UN COUP MONTE ET LES RESPONSABLES EN SONT CONNUS 2

Vous avez mentionné le soutien des Etats occidentaux. En quoi consistait-il précisément ?

Les réactions extrêmement prudentes des pays occidentaux – Union Européenne, Israël, Etats-Unis – en dépit du désastre en cours nous prouvent qu’ils avaient déjà prévu ce qui allait se passer en Egypte. Plus encore, qu’ils l’avaient planifié. A mon avis c’est clairement un coup monté, et les responsables en sont connus. Le but de ce coup monté est de s’assurer la suprématie sur le Moyen-Orient. De quelle manière ? En instaurant le chaos dans un des pays clés du Moyen-Orient qu’est l’Egypte, en enrayant l’installation de la démocratie et en empêchant l’émergence d’un Etat puissant comme la Turquie.

C’EST L’AUBE D’UNE NOUVELLE ERE

Peut-il y avoir d’autres raisons à la peur [qu’onT les pays occidentaux] de voir les pays musulmans se renforcer et augmenter en nombre ?

C’est à mon avis la raison fondamentale. Après les attaques terroristes du 11 septembre le regard vis à vis de l’Islam et des musulmans a évolué [faute de turc dans le texte original]. La situation en Europe est quasiment similaire. La situation des musulmans [en Occident] qui sont considérés comme des citoyens de seconde zone est la même aux yeux des Occidentaux [comprendre : tous se valent]. C’est une communauté stigmatisée et opprimée. Or nous avons une Turquie qui est actuellement en pleine ascension. Elle a entrouvert les portes d’une nouvelle ère au Moyen-Orient, redonné le moral aux Etats de la zone, elle est prise en exemple. Cela dérange bien évidemment beaucoup d’Etats occidentaux.

ON NE S’EST JAMAIS AUTANT BATTU POUR LA DEMOCRATIE

Si la situation égyptienne perdure et qu’aucune amélioration ne se fait jour, quelles seront les répercussion au le Moyen-Orient ?

L’Egypte vit l’une des pages les plus sombres de son histoire. Les mouvements populaires qui continuent envers et contre tout laissent à penser que nous sommes aux prémices de grandes évolutions porteuses d’espoirs. Je ne pense pas que l’armée parvienne à réprimer facilement cette révolte qu’on peut qualifier d’inédite. Je dis inédite car je pense que jamais on ne s’était autant battu en Egypte pour la démocratie. Quelle qu’en soit l’issue je suis certain que l’Egypte jouera désormais un rôle déterminant dans l’équilibre des forces au Moyen-Orient, que ce soit en tant que puissance émergente ou martyre de la démocratie. Wait and see.

LA TURQUIE EST DU COTE DES OPPRIMES, PAS DES OPPRESSEURS

La Turquie n’a eu de cesse de faire entendre sa voix, aussi bien en Syrie qu’un Egypte. Elle a toujours condamné les agissements abjects venus de dictatures telles que le régime d’Assad ou l’armée égyptienne. Que souhaitez-vous dire à ce sujet ?

La Turquie a pris parti non pas du côté des oppresseurs, mais de celui des opprimés. Dans les deux cas on s’en est pris à la population civile, à des gens innocents et désarmés. La Turquie est un pays qui a beaucoup souffert de la dictature, des putschs et de l’autocratie. Il n’est pas difficile de comprendre la réaction d’un Etat qui a perdu autant de ses citoyens pour les raisons que je viens de citer. Mais j’aimerais préciser quelque chose. Même s’il y a parfois des coups tordus la Turquie a obtenu la démocratie avec la République. Elle a été dirigée [sur la base] d’élections démocratiques. Il est tout à fait compréhensible de la voir soutenir des Etats qui n’ont jamais eu cette chance-là, mais cela ne doit pas nous faire oublier que la voie qui conduit les Etats du Moyen-Orient à la démocratie reste encore longue.

Certains prétendent qu’Israël aurait été à l’origine du coup d’Etat égyptien, qu’en pensez-vous ?

Nous savons qu’Israël a des sympathies pour l’armée égyptienne. Plus encore on raconte qu’ils se concertent régulièrement. Mais il n’y a aucune preuve qui permette de dire qu’Israël est le responsable ou l’instigateur du coup d’Etat égyptien. En tous les cas je n’en ai pas en ma possession. D’un autre côté je ne serais guère étonné si un complot de ce type venait à être découvert, étant donné [derrière] le caractère extrêmement étroit de leur relation qui frise la lune de miel.

L’OCCIDENT NE VEUT PAS D’UN ACTEUR INFLUENT DE PLUS DANS LA REGION

Peut-on alors dire que l’exemple turc effraie les Etats Occidentaux ?

Bien entendu. La Turquie est un Etat très puissant. Le Premier-ministre Erdogan est un leader très charismatique. [la Turquie] est une des rares puissances qui assure un lien entre l’Occident et l’Orient. C’est un excellent médiateur. Et par dessous tout c’est un pays qui est parvenu à intégrer totalement l’islam et la démocratie. L’idée que l’exemple turc puisse prendre corps en Egypte a effrayé l’Occident. Il n’est pas impossible que ce qui se passe aujourd’hui en Egypte s’expliquer par le fait qu’on n’a pas digéré la montée en puissance de la Turquie.

Est-ce à dire que l’Occident ne veut pas d’Etats puissants et démocratiques au Moyen-Orient ?

C’est clairement le cas. Pensez-vous que l’effervescence, l’anarchie dans laquelle se trouve plongé le Moyen-Orient dérange les pays occidentaux ? Bien au contraire, dès qu’il y a un semblant d’accalmie et que les choses rentrent dans l’ordre, l’Occident commence à s’alarmer. Autant que je puisse en juger [l’Occident] mène ses plans à bien. Le Liban et la Tunisie sont de véritables poudrières. Nous traversions une période difficile.

Râbi’a al-Adawiyya est devenu le symbole de la résistance.

A la suite du coup d’Etat du 3 juillet 2013, la place Râbi’a al-Adawiyya3 est devenu le point de rassemblement de tous ceux dont le cœur bat pour la démocratie et la justice. L’armée s’est rendue coupable d’incroyables massacres avec l’appui des Baltagiya4 et de tireurs d’élite afin de décourager la population qui manifestait pacifiquement. En dépit de massacres qui ont fait des milliers de victimes, les opposants au coup d’Etat n’ont pas abandonné la place. Même si elle a été impitoyablement vidée [et reprise par l’armée] le peuple continue de lutter sans relâche pour sa liberté.

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1. Quelques jours auparavant, un extrait d’une émission diffusée sur Ülke TV montrant Tayyip Erdogan pleurant (ou voulant donner l’impression de pleurer) à chaudes larmes à l’écoute de la lettre écrite par El Beltagy à sa défunte fille a fait le buzz dans les médias turcs. Voir la vidéo sur Youtube.

"Les larmes d'Erdogan pour Esma"

« Les larmes d’Erdogan pour Esma »

2. Le terme original est « oyun », qui signifie jeu, mais aussi ruse, manoeuvre, complot, machination. Le mot d’ordre des meetings « Respect pour la volonté nationale » organisés en grande pompe par l’AKP en juin dernier pour contrer le mouvement Gezi comportait également cette référence à une machination : « En avant pour briser leur machination [oyun] et écrire l’histoire ».
3. Place portant le nom d’une sainte soufie médiévale où se sont rassemblés les partisans de Morsi avant d’être violemment dispersés par la police.
4. Nom donné en Egypte [littéralement « porteurs de hachette »] aux milices stipendiées par l’Etat pour s’attaquer aux opposants politiques et qui se sont rendues coupables de centaines d’exactions contre les partisans de Morsi.

Voir 2ème partie

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