Du complot mondial en Turquie… Chroniques + analyse

24 Juin
"Le grand complot"

« Le grand complot »

Je vous propose aujourd’hui deux chroniques sur les évènements de Gezi qui se répondent l’une l’autre. Le premier texte intitulé « Ouvrez les yeux, ceci est une guerre de représaille » est signé par le chroniqueur Ibrahim Karagül dans les colonnes du journal Yeni Şafak (« Le nouvelle Aube »), proche du gouvernement au pouvoir. Ce dernier considère qu’il faut voir à l’origine du mouvement Gezi un complot des puissances économiques dominantes pour éreinter les puissances émergentes comme la Turquie. Le second texte, signé par Hadi Uluengin dans le journal Taraf (« Parti » au sens de « prendre parti ») s’en prend vigoureusement à ce dernier, bien que sans jamais le nommer, en critiquant ses positions et plus largement la facilité avec laquelle les partisans de l’AKP versent dans le complotisme pour expliquer et condamner les manifestations.

 

Hadi Uluengin a longtemps chroniqué (de 1991 à 2102) pour le journal d’opposition Hürriyet (« Liberté »), détenu depuis 1994 par le groupe de presse Doğan, qui détient également Posta, Milliyet ou Radikal… Le groupe dirigé par Aydin Doğan a croisé le fer à de nombreuses reprises contre le gouvernement, notamment en 2008 et 2009. Bien qu’ayant entretenu des rapports plutôt cordiaux avec le gouvernement AKP lors de ses premières mandatures, le magnat turc de la presse était devenu la bête noire d’Erdoğan en laissant ses journaux publier un certain nombre d’affaires de scandale et de corruption qui ont souverainement déplu au Premier ministre. Uluengin est passé au journal Taraf l’année dernière, qui correspond a priori plus à sa ligne politique libérale et à ses critiques répêtées adressées aux nationalistes de gauche.

 

Ibrahim Karagül travaille quant à lui depuis 1995 au journal Yeni Şafak où il a notamment été en charge de l’actualité internationale. Il est également directeur des programmes de la chaîne TV Net depuis 2011. Il se considère comme spécialiste du Moyen-Orient.

 

Pour la petite histoire Uluengin fait référence dans son texte à une chronique écrite par son homologue en 2006 à l’occasion de la polémique sur les caricatures de Mahomet publiées par le journal danois Jyllands-Posten. Dans la chronique en question, Ibrahim Karagül se demandait si l’Occident était en train d’organiser un génocide à l’encontre des musulmans. Il concluait par les phrases suivantes : « Combien de personnes en Occident divergent encore de l’opinion générale sur la menace [que représente] l’Islam ? L’Occident est-il en train de préparer un génocide contre les musulmans ? Voilà la question… »

 

Pour parler franchement je ne pense pas que les deux chroniques en question soient particulièrement brillantes, ni pertinentes ou même stylistiquement intéressantes. Le texte d’Uluengin n’est en outre pas sans rappeler ces guerres picrocholines auxquelles se livrent souvent les chroniqueurs supposés trouvés régulièrement du grain à moudre pour alimenter leurs textes et qui sont les plus fidèles lecteurs de leurs concurrents et collègues. En revanche ils montrent clairement l’état du débat politique et idéologique en Turquie et notamment la prégnance dans une bonne partie des courants de droite islamique et/ou nationaliste mais aussi de la gauche nationaliste de théories conspirationnistes. En arrière-plan, la mémoire d’un Empire dépecé par les grandes puissances européennes européennes, le nationalisme ombrageux et obsidional hérité du kémalisme, la rhétorique victimaire islamique qui considère l’Occident comme un persécuteur généralisé, l’anti-impérialisme tiers-mondiste des années 70 qui capitalise sur tous les échecs et déceptions charriées par la décolonisation. Il faut en prime avoir à l’esprit que là où la mémoire du génocide nazi fonctionne en Europe occidentale comme une barrière morale et intellectuelle pour tous ceux qui seraient tentés d’user de théories complotistes (ainsi que, malheureusement, d’outil de catégorisation stigmatisante employé à tort et à travers pour délégitimer commodément des adversaires idéologiques…) , ce n’est nullement le cas en Turquie et plus largement dans tous les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient qui refusent (à bon droit) de s’embarrasser de ce fardeau mémoriel. Or tous ces pays ont été ballotté entre des intérêts et des jeux de puissance qui les dépassaient largement pendant des décennies, si ce n’est des siècles, et se retrouvent sous l’effet de la mondialisation soumis à un flux continu d’informations, d’influences, d’ingérences venues du reste du monde. Si la Turquie est parvenue jusqu’à présent à retirer son épingle du jeu économique et politique, l’opinion publique reste marquée par ce « syndrome de Sèvres » d’une puissance politique et économique émergente qui se sent fragile, enviée, entourée d’ennemis potentiels (quand bien même je ne crois qu’il se puisse trouver dans toute la zone de puissances géopolitiquement mieux arrimées à l’axe occidental…). De manière générale toute grille de lecture qui impute l’origine de mouvements ou de troubles sociaux à un agent étranger, coordonné, omnipuissant et malintentionné présente une puissance de conviction et une capacité de mobilisation redoutables. Elle permet de mettre en cohérence à bon compte des éléments d’information hétérogènes et complexes et de désigner une cible, qui subsume généralement un certain nombre de figures de mépris ou de détestation (puissances tutélaires, minorités…).

 

Et c’est tout naturellement que les courants idéologiques les plus proches de l’islam se retrouvent tentés par ce mode d’explication téléologique et monocausal qui leur est si familier… Il n’est qu’à se donner la peine de relire les textes des polémistes catholiques réactionnaires au XIXème siècle pour avoir une idée de ce qui peut se jouer là. A ce titre la dénonciation de la « haine » de l’autre me paraît aussi inefficace qu’inappropriée. Nul besoin de pathologiser cette tournure d’esprit pour la critiquer… On peut toujours considérer qu’elle encourage l’expression des « passions tristes », haine, colère, ressentiment… mais ce serait oublier qu’elle s’enracine aussi très souvent dans une forme d’indignation, un sentiment de fraternité, une volonté éthique qu’on pourrait tout aussi bien louanger. Les conservateurs religieux sont souvent des hypermoralistes qui tendent à tout analyser en termes axiologiques et dressent volontiers des diagnostics éthiques sur des événements qui mériteraient plutôt des considérations sociologiques. Mais qu’on ne s’avise pas de vouloir donner des leçons de sociologie au premier ministre turc, on connait d’ors et déjà sa réaction…

*****************************

[NB : le style lapidaire de l’un et pamphlétaire de l’autre m’ont obligé à procéder à quelques ajouts et contorsions dans l’objectif d’offrir le texte le plus naturel possible pour le lecture francophone]

Ouvrez les yeux, ceci est une guerre de représailles

İbrahim KARAGÜL pour YENI SAFAK
ikaragul@yenisafak.com.tr

Ce qui anime la révolte, ce n’est pas une poignée d’arbres, ce n’est pas [la défense] d’un parc, ce n’est pas non plus [les questions de] politique intérieure. Ce qui se joue n’est pas une insurrection démocratie et libertaire, ni [une lutte] en faveur des droits et des libertés.

Le tableau est tout autre. Ceux qui n’ont pas compris la crise économique mondiale, n’ont pas vu le bouleversement des rapports de force qu’elle a entraîné, ceux qui ne se sont pas rendus compte qu’avec la chute des maîtres du monde les puissances émergentes se sont retrouvées au premier plan sont incapables de comprendre ce qui se passe actuellement en Turquie.

Il s’agit de la vengeance du Vieux Monde. La vengeance des forces impérialistes qui ont démembré les régions voisines [comprendre : dans le cadre de la question d’Orient]. La vengeance de ceux qui ont [repoussé et] cloîtré la Turquie pendant un siècle en Anatolie.

C’est la vengeance des perdants du 21ème siècle sur les gagnants, la vengeance de ceux qui ont mené l’économie mondiale à un tel niveau [de crise] qu’ils risquent désormais d’en perdre le contrôle. Ceux-là sont en train de se venger des pays qui ont osé les défier. Ils étaient à la tête de l’économie mondiale, en contrôlaient les ressources et les marchés mais se retrouvent maintenant en position de perdre leur centralité. Le pouvoir est en train de leur échapper des mains et ils ont conscience qu’après la perte du leadership économique viendra le [déclin de leur] influence politique et la perte du pouvoir mondial. C’est la raison pour laquelle ils ont déclaré la guerre aux nouveaux candidats au leadership [mondial].

Ceux-là déstabilisent les pays émergents qui ont gagné en indépendance et refusent désormais de se laisser contrôler, ils jouent sur leurs faiblesses et tentent de leur faire payer la facture de la crise économique. Ils veulent les faire rentrer dans le rang, les mettre au pas en jouant sur leurs divisions sociales.

Les puissances qui dirigent le monde depuis 1750 ont été les plus grandes perdantes du XXIème siècle. Elles déclinent, se replient sur elles-mêmes. Le vent qui soufflait jusque là en leur faveur s’est retourné. Le cours de l’histoire s’est inversé, les eaux coulent désormais dans l’autre sens. L’axe atlantique s’est effondré et leur décadence se poursuit.

[Alors] ils s’efforcent de neutraliser ceux qui profitent de ce bouleversement en les malmenant. Ils tentent de ralentir leur propre déclin et veulent forcer le cours de l’histoire pour le retourner à leur profit.

Tout cela peut vous apparaître ridicule. C’est qu’il est bien difficile de réfléchir, de comprendre tout ceci dans une Turquie en proie à l’agitation et où l’on traîne les gens dans la boue.

La Turquie n’est pas le seul pays à faire l’objet d’un règlement de comptes, ce n’est pas le seul pays secoué par des mouvements sociaux de ce type. Nous verrons des entreprises similaires, des révoltes identiques se développer dans toutes les puissances économiques émergentes.

Nous verrons cela en Turquie, nous le voyons déjà. Nous verrons cela au Brésil, nous le voyons déjà. Au Mexique, en Indonésie, en Inde. Peut-être même chez les BRIC [on appelle ainsi les grandes puissances émergentes que sont le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, bien que la Russie soit plutôt une puissance réémergente et qu’on parle désormais des BRICS, en y ajoutant l’Afrique du Sud].

Suivez attentivement et vous verrez qu’on assistera à des scénarios similaires dans tous les pays qui ont surmonté rapidement la crise économique, qui sont en pleine croissance, gagnent en puissance et en confiance et osent défier les puissances économiques dominantes.

On poussera les masses à se précipiter dans les rues, on provoquera au chaos, les pouvoirs seront ébranlés, la confiance empoisonnée, le chaos politique débouchera sur la crise économique et on repoussera les défis lancés par ces pays plusieurs siècles après [que les puissances occidentales soient passées maîtres du monde]

On entravera leur prise d’indépendance. On les empêchera de prendre leur part dans le gouvernement de la planète et de bouleverser les rapports de force mondiaux.

Vous pensez que ce ne sont là que des fantasmes ? Persistez-donc. Continuez les débats à la petite semaine, les chicanes autour de quelques arbres. Restez aveugles au tableau d’ensemble, refusez d’admettre qu’il s’agit d’une guerre économique et que c’est la Turquie qui est en jeu.

Contentez vous de belles paroles et des mots creux qui s’entassent par sacs entiers, critiquez derrière vos écrans.

Mais attendez un peu et vous verrez que le problème ne se cantonne pas à la Turquie, qu’il s’agit d’une grande guerre déclarée aux économies émergentes, aux pays en train de se libérer [du joug des puissances occidentales].

Vous croyez encore qu’il s’agit d’illusions… Refusez donc de voir le déclin de l’Occident, le renversement de l’histoire, le vent nouveau qui s’est mis à souffler, l’entrée en scène de nouveaux pays et de nouvelles sociétés, l’état de paralysie des grandes puissances qui pensaient leur puissance éternelle.

Refusez donc de croire que la Chine dépassera les États-Unis en 2030, que des pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil deviendront des puissances de premier ordre, que les Etats-Unis, l’Europe et le Japon quant à eux ne cesseront de décliner.

Est-ce que le fait que tous les prévisions faites sur dix ans, vingt ans, cinquante ans concordent peut-être une simple coïncidence ?

Nous refusons de considérer que les événements qui ont lieu depuis 2006 et ceux qui suivront constituent une crise financière ou immobilière. L’ordre mondial actuel est périssable, son histoire est derrière lui. Il est au bout du rouleau. Soit les hommes seront capables de coopérer pour changer l’ordre du monde soit ils se laisseront gouvernés par leurs passions et alors tout s’effondrera. Dans ce cas il faut s’attendre à de nombreuses tragédies, au chaos.

Les Etats-Unis, les pays européens, les métropoles du Centre, les banques, les barons de la finance ont peur. Une lame de fond arrive qu’aucune arme, qu’aucune armée, qu’aucune manœuvre politique n’empêchera de gonfler, de déferler et de renverser le système existant.

La Turquie s’est éloignée de l’Europe, s’est recentrée sur son propos espace et est désormais plus influente que l’Europe. La même Europe a laissé l’Afrique lui glisser entre les doigts au profit de la Chine, qui a également pris sa place en Amérique Latine.

Cette vague de fond traverse les pays rétifs, qui défient [les puissances dominantes] et refusent d’être contrôlés. Non pas pour les rendre plus libres, plus justes et plus riches. Mais pour les soumettre, les mater, les mettre au pas. C’est peut-être la dernière carte dont disposent ceux qui refusent de perdre le pouvoir.

On veut nous faire payer le prix de la crise. Le Centre veut stopper la grande marche en avant de la Périphérie.

Ouvrez les yeux et réveillez-vous.

[traduction Pierre Pandelé]

_______________________________________________

Le complot des charlatans

Hadi ULUENGIN pour TARAF
hadiuluengin@taraf.com.tr

Texte original

Au même titre que toutes les autres avant elles, les théories du complot concernant le mouvement Gezi ne sont que de pures foutaises.

Pas un seul mot de vrai ! On a largement passé le stade de l’affabulation pour celui du délire.

A la tête du journal à pingouins [Yeni Safak] qui propage ces théories se trouve d’ailleurs un charlatan islamo-nationaliste [Ibrahim Karagül] qui d’un côté signe des provocations du type “L’Occident se prépare à organiser un génocide contre les musulmans” et qui de l’autre va se prosterner devant Assad en Syrie.

Quelle pitié de voir que les dirigeants de l’AKP croient s’ouvrir au monde via un toqué de ce genre alors que c’est exactement l’inverse qui est en train de se produire.

De quoi s’agit-il ? Tout aurait été planifié à l’avance lors d’une réunion tenue par un lobby juif américain qui portait sur la Turquie. L’objectif : renverser Erdogan. Ce grand complot mondial a d’ailleurs pour but de fomenter des troubles dans tous les pays où il est à l’œuvre afin de mettre ces derniers à terre.

La belle affaire ! Nous avons trouvé notre nouvel inspecteur la Bavure…

Ressemblant en la matière comme deux gouttes d’eau à son homologue laïco-nationaliste, cette tournure d’esprit pathétique qui veut qu’une force suprême dirige le monde est ainsi faite que le moindre pet de mouche, passez-moi l’expression, est vu comme l’oeuvre des Etats-Unis ou de l’Occident.

***

Or il n’y a pas et il n’y a jamais eu de “main de l’étranger” derrière les événements à Taksim !

Il s’agit d’un mouvement totalement spontané et manifestement local.

Le fait que les manifestants s’expriment dans des standards occidentaux, la sympathie et la large couverture médiatique dont ils ont bénéficié en Occident ne signifie en rien qu’ils sont manipulés.

Il est vrai que les médias internationaux ont accordé une place importante aux événements et considéré les manifestants d’un œil bienveillant au prix parfois de gauchir la couverture de certains faits.

C’est là quelque chose de parfaitement banal !

Banal car la place Tahrîr avait fait l’objet d’une couverture médiatique en temps réel pendant le Printemps arabe. Dès lors il va de soi qu’un pays en soi bien plus important que l’Egypte comme la Turquie fera l’objet d’une grande attention [de la part des médias].

Par ailleurs le fait que les événements aient démarré autour d’une thématique typiquement occidentale comme la protection de l’environnement et que les occupants du parc Gezi soient incomparablement plus proche du monde occidental de par leurs revendications et leurs manières d’être explique la sympathie dont ils ont bénéficié dans l’opinion publique occidentale. Il est évident que l’occidental moyen se sent beaucoup plus proche d’une jeune fille aux ongles vernis qui tient une pancarte que de l’ « homme debout contre l’homme debout » avec son filet de barbe [allusion aux contre-manifestants proches de l’AKP qui se sont tenus en face de l’ « homme debout » pour protester contre le mouvement Gezi]

En prime la brutalité dont la police a fait preuve au début des événements a beaucoup fait réagir l’opinion publique en question.

D’où le fait qu’ont ait compté de nombreux appels à la tempérance de la part de responsables officiels.

Cela n’a pas manqué de constituer du pain béni pour les pays décidés à entraver l’entrée d’Ankara dans l’Union Européenne.

Si l’on ajoute à cela le constat que l’image de l’islam dans le monde ne cesse de se détériorer et qu’en dernière instance l’AKP se trouve de plus en plus étroitement associé avec le monde islamique, on peut jeter toutes les théories du complot à la poubelle sans pour autant s’empêcher d’expliquer l’intérêt des médias internationaux et l’attitude générale de l’Occident.

***

Mais il y a eu de graves fautes de commises c’est l’évidence. Et l’on s’est aussi parfois monté la tête sur des choses qui n’en valaient pas la peine.

Ainsi si l’utilisation par CNN de photographies tirées du meeting de l’AKP pour illustrer les manifestations antigouvernementales peut être considérée comme une erreur technique, les reporters étrangers envoyés en Turquie ont fait preuve d’amateurisme et incompétence journalistique en reprenant la plupart des mensonges diffusés par les ultra-nationalistes de gauche sur les réseaux sociaux

Hier encore ces ultranationalistes de gauche diffusaient leurs propres théories du complot qui faisaient d’Erdogan un agent de l’Amérique, et voilà qu’aujourd’hui les mêmes se réjouissent du soutien occidental et s’emploient à récupérer le mouvement à leur profit. Ces mêmes journalistes étrangers ont manqué à leur devoir en ne dévoilant pas le vrai visage de ceux-là, qui, sur le papier, réclament la démocratie mais, dans les faits, prônent le coup d’Etat et soutiennent le régime d’Assad.

Tous ces éléments qui, à défaut d’être acceptables, sont tout à fait explicables indépendamment les uns des autres ne valident en rien les misérables calomnies et les théories du complot qui voient dans Taksim la main de l’étranger et font des événements en cours une machination occidentale. La seule vérité qui se dégage de tout cela est la suivante : ceux qui craignent l’Autre dans la mesure de leur ignorance attendent leur salut d’un charlatan illuminé qui a fait de la haine de l’Autre la seule grille d’analyse des événements en cours.

[traduction Pierre Pandelé]

Publicités

Buyurun... Commentez, débattez, pinaillez, râlez...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :